Regard indépendant sur le cinéma d’animation

L’animationimage parimage

Critiques, coulisses et nouveaux regards sur les images qui prennent vie.

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Progression d’animation : la même créature en quatre poses, de l’esquisse au crayon jusqu’à l’image peinte en couleur, dans un même bond diagonal devant un ciel bleu ardoise.

Dernières images

Trois pièces du processus

12 principes

de l’animation classique
  1. 01Écrasement et étirement
  2. 02Anticipation
  3. 03Mise en scène
  4. 04Image par image
  5. 05Entraînement
  6. 06Accélération, ralenti
  7. 07Trajectoires
  8. 08Action secondaire
  9. 09Cadencement
  10. 10Exagération
  11. 11Dessin construit
  12. 12Attrait
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01 · Écrasement et étirement Squash & Stretch

Vu image par image

Nos critiques
Illustration éditoriale peinte : un chat seul dans une barque sur une mer enflée, sous un banc d’orage bleu ardoise.

Critique

Illustration éditoriale

Flow

de Gints Zilbalodis · 2024

Un récit sans un mot, porté par une caméra qui ne s’arrête presque jamais. Le film fait confiance au regard du spectateur : il montre la montée des eaux, laisse les animaux réagir, et se garde bien d’expliquer. La fluidité du mouvement, obtenue avec des moyens modestes, tient lieu de dialogue.

8/10

Illustration éditoriale à l’encre : un escargot à la coquille penchée et aux longs pédoncules oculaires.

Note

Illustration éditoriale

Mémoires d’un escargot

d’Adam Elliot · stop motion · 2024

Une matière triste et drôle, modelée à la main, qui assume sa lenteur.

6/10

Illustration éditoriale à l’encre : un robot de récupération arrondi, un œil-objectif unique, de la mousse sur les épaules, assis dans les fougères.

Note

Illustration éditoriale

Le Robot sauvage

de Chris Sanders · 2024

Un rendu proche de la peinture, mis au service d’un récit qui aurait pu se contenter de moins.

7/10

Le magazine

Ce que vous lisez ici

Image par image est un magazine indépendant consacré au cinéma d’animation. Il ne programme rien, ne vend rien et n’appartient à aucun studio. Il regarde des films, les décrit, et essaie d’expliquer comment ils ont été fabriqués.

C’est une position moins évidente qu’elle n’en a l’air, parce que l’animation reste le seul cinéma dont on parle par son public plutôt que par sa méthode. On dit d’un film qu’il est « pour les enfants » là où on dirait d’un autre qu’il est tourné en pellicule ou monté au rasoir. Le mot animation désigne pourtant une chose très précise : fabriquer le mouvement image par image, quand rien n’a été enregistré.

De la case à l’image
  1. Croquis de storyboard : la créature accroupie prête à bondir, avec deux flèches de caméra au crayon.01Storyboard
  2. Dessin d’animation au trait net : la créature en plein bond, queue tendue, sans ombrage.02Keyframe
  3. 03Color script
  4. Image peinte finale : la créature en plein bond sur un ciel bleu ardoise, lumière ocre en contre-jour.04Image finale
Quelques repères
24images/s
à la projection, quel que soit le procédé
12dessins/s
l’animation dessinée travaille le plus souvent « sur deux »
4 à 6ans
de fabrication pour un long métrage de studio
3 à 5s/semaine
ce qu’un animateur de stop motion produit d’utilisable

De cette contrainte découle tout le reste. Chaque ombre, chaque hésitation d’un regard, chaque grain de matière a été décidé par quelqu’un. Dire d’une scène animée qu’elle est belle ne dit donc presque rien, puisque tout y est intentionnel. Dire qu’une pose est tenue une image de plus, que la couleur déborde volontairement du contour ou que la caméra a été bridée à une seule focale renseigne beaucoup mieux sur ce qui a été cherché.

Nos rubriques ne sont pas étanches pour cette raison. Une critique renvoie souvent à un article de technique, et un article de technique s’appuie sur des films précis. Le but n’est pas de faire du lecteur un professionnel, mais de lui donner de quoi voir ce qu’il regarde déjà.

Nous publions peu et lentement. Les films sont revus au moins deux fois, la seconde en prenant des notes plan par plan, et les données de fabrication sont recoupées avant publication. Rien ici n’est commandité.

Le dessin, lui, ne fait rien d’autre que d’attendre le suivant.
Quand le dessin commence à respirer

Questions fréquentes

4 réponses

Qu’est-ce qui distingue un film d’animation d’un dessin animé ?

Rien, en dehors de l’usage. « Dessin animé » désigne dans le langage courant une production destinée aux enfants, alors que l’animation est une famille de techniques : dessin, volume, images de synthèse, papier découpé, peinture sur verre. Le mot décrit une méthode de fabrication, jamais un public.

Combien de dessins faut-il pour une seconde de film ?

La projection se fait à vingt-quatre images par seconde, mais l’animation dessinée travaille le plus souvent « sur deux », c’est-à-dire douze dessins par seconde exposés chacun sur deux photogrammes. On passe « sur un » pour les mouvements rapides et parfois « sur trois » pour les plans calmes.

Faut-il connaître la technique pour apprécier un film d’animation ?

Non, mais cela change ce qu’on voit. Savoir qu’une pose a été tenue une image de plus, ou qu’un décor a été construit avant que le personnage n’existe, transforme une impression vague en observation précise. C’est tout l’objet de nos articles.

Publiez-vous des critiques négatives ?

Oui. Une rubrique qui ne contient que des avis favorables ne renseigne sur rien. Une note basse est accompagnée des mêmes exigences de description qu’une note haute, avec les raisons de la note.

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Étude peinte : la créature en plein bond, la queue traversant le cadre en un long ruban d’encre et d’or sur un lavis de ciel bleu ardoise.